Chirurgie orhognathique

  • La chirurgie orthognathique va au-delà de la chirurgie purement esthétique !

    La collaboration avec le chirurgien est de plus en plus recherchée, voire même indispensable, depuis que les traitements orthodontiques doivent faire face à des situations de plus en plus complexes et que les + de 20 ans désirent un plus grand confort dentaire qu’il soit esthétique ou fonctionnel.

    Une fois la période de croissance squelettique terminée (au terme de l’adolescence) et quand l’adaptation dento-alvéolaire permettant des rapports fonctionnels équilibrés entre les arcades dentaires est insuffisante, obtenir’une concordance maximale entre mâchoires supérieure et inférieure ne se fera que par un acte chirurgical corrigeant les structures osseuses de base.

    Il peut s'agir d’élargir ou d’allonger les mâchoires par distraction osseuse, de les avancer (ostéotomie d’avancée maxillaire ou mandibulaire) ou de les reculer (ostéotomie de recul), parfois même  avoir recours à une combinaison des trois « approches ».

    • La distraction osseuse :

    a pour but de permettre un élargissement des structures osseuses de base grâce à un vérin d’expansion fixé, soit directement sur l’os par le chirurgien pendant l'opération, soit sur les dents au moyen de bagues par l’orthodontiste avant l’intervention chirurgicale.

    La distraction se fait aussi bien à la mâchoire du bas qu’à la mâchoire du haut et certains types de distraction peuvent aussi permettre l'allongement des mâchoires.

    L’activation de l’appareillage commence, en général, de 3 à 7 jours après l’intervention, temps nécessaire à la formation d’un cal osseux. La durée de l’étirement des structures osseuses, à raison de 0,5 à 1 mm par jour, variera selon le gain transversal ou longitudinal souhaité.

    Une fois le résultat obtenu, une période de consolidation débutera et durera en général deux mois et demi à trois mois. Après quoi, le traitement orthodontique d’alignement pourra démarrer ou continuer.

    L’ostéotomie dite de LEFORT I, nécessaire à la distraction, se fait sous anesthésie générale, nécessitera une hospitalisation de 1 à 3 jours et l’activation régulière de l’appareil de distraction, quelquefois douloureuse, pourra nécessiter la prise d’anti-douleurs.

    L'appareil de distraction sera enlevé sous anesthésie locale s’il a été placé par le chirurgien ; elle se fait « banalement » au fauteuil de l’orthodontiste quand il est soutenu par des bagues cimentées sur les dents.

    • Les ostéotomies d’avancée et de recul :

    Pour mobiliser les mâchoires en un seul temps opératoire, le chirurgien aura habituellement recours à une ostéotomie de LEFORT I pour la mâchoire supérieure (le maxillaire) ou à une ostéotomie de DALPONT- OBWEGESER pour la mâchoire inférieure (la mandibule).

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    Comme tout acte chirurgical, il existe des suites opératoires généralement bénignes, parfois plus lourdes. Le chirurgien ne manquera pas de les détailler et de les expliquer lors des habituels entretiens pré - opératoires.

     

    Ci-dessous, ces quelques liens utiles pour des renseignements complémentaires :

    http://www.saintluc.be/services/medicaux/stomatologie/distraction.php

    http://www.chirurgiemaxillofaciale-albi.com/cmf/orthognathique/lefort1/i...

    http://www.chirurgiemaxillofaciale-albi.com/cmf/orthognathique/dalpont/i...

    Voici une séquence classique pour le traitement d’un patient présentant une forte contraction de l’arcade supérieure avec encombrement dentaire sévère et prognathisme mandibulaire (mâchoire inférieure importante) :

    1. 1. Distraction osseuse du maxillaire
    2. 2. Alignement dentaire supérieur et inférieur par appareils orthodontiques fixes etvérification de la concordance des arcades pour l’étape chirurgicale suivante
    3. 3. Chirurgie orthognatique sur le maxillaire ou la mandibule ou sur les deux à la fois
    4. 4. Finition orthodontique pour parfaire et stabiliser la relation entre les arcades dentaires.

    Alors : Chirurgie orthognathique ? Chirurgie fonctionnelle ou esthétique ?

    Le recours à la chirurgie orthognathique se fera essentiellement dans un but fonctionnel pour rechercher un alignement dentaire plus correct et obtenir une plus grande harmonie entre les arcades dento-alvéolaires supérieure et inférieure.

    Le rattrapage fonctionnel s’accompagnera généralement - cerise sur le gâteau - d’une nette amélioration sur le plan esthétique comme c’est le cas pour les forts décalages antéro-postérieurs.

    De plus, dans certains cas précis, grâce aux capacités particulières d’expansion de la distraction osseuse, le capital dentaire pourra aussi être mieux préservé et les alignements se feront beaucoup aisément et plus complètement sans devoir procéder nécessairement à des extractions de dents définitives.

    Il reste que les ostéotomies, comme tout acte chirurgical, ne sont pas des actes anodins.

    Des traitements préventifs et interceptifs d’orthodontie et d’orthopédie dento-faciale, entrepris dans l'enfance et la prime adolescence, permettent souvent de les éviter ou d’au moins, en limiter la nécessité et l’importance.